Ils ont, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, de moins bons résultats que les filles : ils manifestent ainsi plus de difficultés dans l’apprentissage de la lecture - difficultés qui pèseront sur l’ensemble de leur scolarité - et ont moins de succès que les filles aux examens. Ils redoublent davantage et sont surreprésentés dans les dispositifs qui accueillent les élèves en grande difficulté ou en rupture scolaire 1. C’est aux inégalités de genre et aux écarts de réussite entre garçons et filles que Jean-Louis Auduc 2 a consacré son dernier ouvrage Sauvons les garçons 3.
En cause, les stéréotypes sexués transmis par la famille et entretenus par l’Ecole. Ainsi, rappelle Jean-Louis Auduc, « les qualités privilégiées dans l’éducation des fille, telles que le calme, l’attention à autrui ou la persévérance, les prédisposent à apprendre plus facilement leur ‘‘métier’’ d’élève. A l’inverse, les stéréotypes sexués transmis aux garçons qui apprennent la compétition, l’affirmation du moi, la suprématie de l’activité physique, rendent leur adaptation au système scolaire plus difficile. Dès le primaire, un bon élève, c’est un ensemble d’attitudes : des devoirs soignés, être à l’écoute de l’enseignant, ne pas s’agiter, avoir son matériel, des cahiers bien tenus … Or, la prégnance du modèle traditionnel dans la famille contribue à développer chez les filles des qualités d’écoute et d’ordre qui seront autant d’atouts à l’école. Plus conformes à la règle, plus responsables, plus disciplinées, elles anticipent mieux les demandes des enseignants. » Côté stéréotypes, l’école n’est pas en reste : « les enseignants, souligne l’auteur, continuent de faire vivre aux filles et aux garçons qui composent une classe des expériences différentes qui aboutissent à des positions inégales. »
Pour le directeur adjoint de l’IUFM de Créteil, cette fracture sexuée qui s’accroit entre filles et garçons doit être traitée sous peine de générer des violences scolaires, les garçons cherchant à reconquérir par la force la place qu’ils ont perdue en matière de réussite scolaire.
Pour remédier à cette situation, il préconise de constituer, dans certaines disciplines ou pour certains apprentissages, des groupes où « garçons et filles seraient séparés ». Autres pistes avancées : réintroduire, dans le cursus scolaire à 13, 15 et 18 ans – âges auxquels les jeunes accèdent respectivement à la majorité pénale, sexuelle et sociale – des rites d’initiation susceptibles d’aider les élèves, et en particulier les garçons, à gagner en maturité ; ou encore mettre en place des modules de formation initiale et continue permettant de sensibiliser [les enseignants] aux questions que pose la mixité.
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1. SEGPA (section d’enseignement général et professionnel adapté), classes et ateliers relais. 2. Directeur adjoint de l’IUFM de Créteil. 3. Editions Descartes & Cie, Paris, novembre 2009.
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